Comment faire égaler inspiration et expiration, action et repos? Comment garder l’inspiration, faire cohabiter le “je veux” et le “Je Suis” ?

Certains mystiques parlent de “nuit noire de l’âme” pour parler d’une traversée particulièrement aride de leur vie spirituelle. De ces moments où tout est noir, où la Source ne semble plus répondre. Je viens pour ma part de traverser un “jour blanc”. Blanc, c’était le vide qui habitait mon cerveau, incapable de faire des connexions, d’avoir même envie d’en faire. Ce “jour blanc” a duré plusieurs semaines et a fait suite à une période où j’ai amorcé divers changements, avec une énergie intense et à coup de volonté personnelle.

La nécessité d’un repos après l’action

Le 4e commandement des Tables de la loi, dans la Bible, invite à se reposer après avoir agi. 6 jours d’action, de “je fais”, et un jour de “Je suis”, où je me souviens que je suis enfant de la Source. Après 6 mois intenses d’action, c’est un mois de retour que j’ai donc vécu. Comme si la Vie m’invitait, malgré ma petite volonté personnelle, m’obligeait même, à ce vide d’action. Je me suis contentée d’être, et ce n’est pas le plus facile. Il est tellement plus gratifiant de faire !

Normalement, ce “repos”, ce “Je Suis” arrive comme une inspiration suit une expiration longue ; naturellement. Mais, là, ce n’est pas cette respiration qui a été vécu, puisque l’expiration avait été trop longue. Toute circulation était bloquée et il a fallu passer par un feu blanc purificateur intérieur, me vider, pour pouvoir à nouveau être remplie. Être à nouveau inspirée, respirée par la Source.

Humilité et Splendeur

Accepter ce “jour blanc”, ce cerveau vide qui ne voulait plus faire, est passé par l’abandon de ma volonté personnelle. Qui suis-je pour vouloir ? Quel est ce petit “je”, cet ego, qui a cru pouvoir se passer du grand “Je” ou ne le consulter qu’a minima ? J’ai abandonné ma volonté aux pieds de Ce-qui-est-plus-grand-que-moi. Et dans le même mouvement j’ai été amenée à questionner ce qui en moi relève de la Source, à accepter d’être aussi Splendeur.

C’est comme si je devais tenir ensemble la Splendeur de la Source de vie, ce soleil, et la coupe qui, humblement le reçoit et fait rayonner sa lumière. Trouver un moyen d’être l’humble coupe et le soleil rayonnant à la fois, ou de les tenir ensemble.

Réalignement

Ce “jour blanc” a ressemblée à une nuit noire à bien des égards. Et, comme le soleil succède chaque matin à la nuit, une lumière a fini par poindre. De la couleur dans cette toile blanche, une inspiration, enfin. Et ce qui a surgi, c’est un réalignement de mes actions sur ce que Je suis. Pour, je l’espère “faire ce que je suis”. Ma volonté personnelle m’avait fait perdre de vue l’EssenCiel. J’en étais pas suffisamment éloignée pour que ce soit évident, que je sente cette déconnexion. Le “jour blanc” m’a donc traversée pour que mon fil rouge réapparaisse.

“Je fais ce que Je suis”, c’est créer une Nouvelle Volonté, qui mêle la volonté de Je Suis, la Source, et celle du “je” dans lequel Elle se manifeste. C’est un équilibre délicat à maintenir, un chemin de crête à parcourir. Je suis dessus, et une Main tendue m’aide à m’y maintenir.

Vendredi Saint : le jour où Jésus porte sa croix et est crucifié. Pour ce retour de Parole de lumière après quelques mois d’absence, le sujet c’est : incarner cette croix, ce trait d’union entre la Source et le plan matériel.

Cela fait longtemps que je n’ai pas été par ici. En grande partie parce que j’ai été très occupée à me reconvertir professionnellement. (Vous pouvez voir le résultat de cela ici : sensetpuissance.com). Mais aussi parce qu’il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie intérieure.

Comme pour beaucoup de personnes, mon corps a manifesté cette vie intérieure. A travers des symptômes parfois bizarres. Mais aussi de vrais moments de grâce. J’ai eu l’impression de vivre de gros changements cellulaires sans savoir exactement ce qui se passait toutefois.

Manifestation du Royaume à travers mon corps de chair

La croix c’est le symbole de la rencontre du plan matériel (horizontal) et du plan divin (vertical). Réunir ces deux plans, être ce trait d’union terre-ciel fait partie de qui je suis. Et ces derniers mois, cela s’est manifesté par le corps, avec un redressement vers le haut et un étirement sur la largeur, comme si cette crois était en moi.

Avec une invitation à porter Sa Lumière au monde. Celle que je ressens dans mon cœur, dans le centre de la croix. Pour cela j’ai dû accepter ma vulnérabilité, apprendre à accueillir Son immense Amour. Mais aussi choisir de croître en Sa Lumière et ne plus nier la mienne (pas plus vive que celle d’un autre, mais pas moins non plus).

C’est tellement plus terrifiant d’accepter sa propre lumière que d’aller débusquer ses ombres !

Le Divin aux commandes

Il s’est agi aussi ces derniers mois d’une forme de retournement. Ne plus partir de la matière pour la diviniser, ou de vivre ma vie intérieure à partir de mes cycles d’humaine. Mais ressentir les cycles divins et les incarner dans la matière. Utiliser le Souffle qui me (nous) relie à la Source. Aller dans le sens du son, de la vibration, incarner cette respiration divino-humaine.

Être vraiment vivant, c’est être le plus conscient possible de ce que l’on ressent (dans le corps, les émotions…), de ce que l’on expérimente, de ce que l’on pense. Robert Moss donne des clés pour vivre une vie consciente.

J’ai retrouvé ces non-commandements dans un carnet. J’espère ne pas trop les dénaturer en vous les donnant comme ils sonnent le mieux pour moi, d’après mes notes. Ils sont de Robert Moss, l’auteur du livre Le rêve actif.

1. Avoir “merci” comme unique prière

Percevoir chaque jour comme une action de grâce.

“Je rends hommage pour les dons de cette existence

Et pour ses épreuves.

Je m’efforce de marcher en équilibre entre terre et ciel,

Professant ma foi.”

2. Jouer d’abord, travailler ensuite

En se souvenant que “tant de grandes découvertes ont eu le jeu pour origine”. Le meilleur ouvrage est celui qui est effectué dans un esprit ludique. Cela demande de ne pas anticiper les conséquences, de faire ce que nous faisons comme un but en soi.

3. Jouer en travaillant, travailler en jouant

Autrement dit : “quand nous ne pouvons ajouter le jeu dans notre travail, transformons le travail en jeu”. On peut toujours réfléchir à des stratégies créatives pour améliorer ses journées.

4. Le courage est la peur conquise par l’amour

Le courage est la faculté de traverser la peur en étant conduit par quelque chose de plus fort qu’elle : l’amour. En prenant des risques de plus en plus grands, nous attirons le soutien de pouvoirs de plus en plus grands.

5. Ne pas aller contre le courant

Ne pas bloquer le flux est important car créer est un processus de connexion au flux naturel (à la Source, ajouterais-je). Et l’être humain est avant tout Créateur (c’est de moi aussi cet ajout). J’ajouterai aussi : c’est être Oui, être Oui à tout, même à la douleur, à l’inconfort, à cette situation si loin de celle rêvée ou désirée.

6. Ne pas vivre dans les cases d’autrui

Cela revient à contourner les pièges mentaux des autres mais aussi à lâcher ses propres mantras négatifs. J’aime beaucoup celui-là car j’ai horreur d’être mise dans une case… et j’ai un critique intérieur qui refait surface puissamment par moments ! C’est aussi se définir et ne laisser personne nous définir.

7. Sauter quand c’est le moment de sauter

Ou le bon acte au bon moment. Le kairos c’est le moment désigné lorsque les pouvoirs et les moments d’un monde plus profond font irruption dans la vie normale.

8. Garder les yeux en l’air

Ou, autrement dit, rester tourné vers le ciel, le sacré, le monde supérieur. J’ajoute : Regarder en l’air permet aussi de voir les étoiles, le ciel bleu, les arcs-en-ciel… toute la beauté de la nature qui vient du sacré de la Vie et qu’on ne prend plus le temps d’admirer dans nos sociétés occidentales pressées et surconnectées.

9. Ne rien faire de sérieux sans humour

Cela revient à être aux petits soins pour soi-même et RIRE.

10. Il existe une direction dans laquelle l’espace entier nous est ouvert

“Chaque être a cet appel du pouvoir de réaliser quelque chose d’unique et aucun n’a d’autre appel” (Emerson).

Ce non-commandement nous invite à “suivre l’appel de notre âme, nous donner au travail de la Vie qui est le nôtre”.

Et enfin, le joli bonus, le commandement exclusif d’une vie consciente : “choisis ta journée“. Le contenu de ce choix importe moins que la conscience d’avoir le choix et d’avoir la nécessité d’approcher la vie chaque jour, en tant que personne qui fait des choix, et non en tant que spectateur, victime ou consommateur. “Les humains sont les seuls animaux qui choisissent de vivre en cage.”

Et si, plutôt que d’accorder du crédit et du temps à ses ombres, comme celles de notre critique intérieur, il valait mieux nourrir sa lumière intérieure ?

Au menu de ce nouvel épisode du podcast  “Parole de lumière, des paroles à écouter avec le cœur”, un partage sur la levée ces dernières semaines de mon critique intérieur, et la leçon que j’en ai tirée : nourrir la lumière que je suis plutôt que tourner mon attention vers ce critique et ce qu’il me dit.

Après l’introduction musicale le podcast commence par un texte issu de L’oracle de Marie, d’Alana Fairchild, et qui concerne la carte Notre Dame de la Naissance de l’âme.

Puis j’explique comment mon critique intérieur a pris de la place ces dernières semaines. Et comment, par divers biais, j’ai été amenée non pas à me plonger dans cette ombre, à chercher à dialoguer avec elle particulièrement, ni à vouloir résoudre cette montée de critique intérieur comme un problème. Mais plutôt à me plonger dans la splendeur, la lumière que je suis. A l’embrasser pleinement.

Vers 4:00, je partage un passage de Dialogues avec l’ange qui illustre parfaitement cette nécessité, contre les ténèbres, de nourrir son feu intérieur, sa lumière et qui finit par cette magnifique phrase : “Les ténèbres ne peuvent pas croître, seule la lumière peut faiblir”.

Découvrez une citation de Maurice Zundel, un mystique du 20e siècle sur comment nos expériences de lumière ou de libération se condensent en nous en un présent éternel.

Les heures étoilées en nous ne meurent pas et les expériences les plus décisives de notre vie, c’est-à-dire les expériences de lumière, de libération, les expériences d’amour authentique, sont des expériences qui s’additionnent, se concentrent, se confirment et se condensent dans un présent qui ne meurt pas.

Et c’est ce présent qui assure notre véritable identité personnelle, où la durée se concentre dans l’éternelle présence qui est plus intime à nous-même que nous-même dans le dialogue de laquelle nous devenons nous-même un présent dans la mesure où nous devenons nous-même don.

 

Un conte d’un genre nouveau, inspiré du monde nouveau ? Sa structure est traditionnelle, son personnage et sa situation – une petite fille perdue dans la forêt – aussi. Sa symbolique est nouvelle. Découvrez ce conte aussi en audio à la fin.

Une histoire inspirée

Le monde actuel, basé sur la séparation et la peur, semble vivre ces dernières années dans de derniers soubresauts d’événements dramatiques tant naturels, qu’économiques, politiques, écologiques et sociaux. Nous sommes peut-être entre l’oméga d’un monde finissant et l’alpha d’un monde Nouveau. Un monde basé sur l’amour et l’interrelation et non plus sur la peur. Et pour permettre à ce monde d’advenir, nous avons, à muter, à nous retourner, à trouver en nous cette Source divine à laquelle nous sommes appelés à ressembler. Telle est l’intuition de nombreux (é)veilleurs et cheminants spirituels.

Ce conte m’ a été comme “dicté” depuis une autre dimension. J’ai l’intuition qu’il m’est soufflé par des êtres de lumière qui nous aident, pauvres Homo sapiens, à nous transformer en Homo sacris ou Homo divinus. Cette histoire a la structure des contes traditionnels mais elle semble faire appel à un imaginaire, une symbolique différents. Je la perçois comme un conte de passage.

La petite fille et la maison de l’âme

Il était une fois une petite fille dans une forêt sombre. Elle était perdue, elle ne voyait que du noir autour d’elle. Il faisait froid. Elle était entourée de bruits étranges. Des craquements, des feulements. Des yeux jaunes semblaient clignoter autour d’elle. Le moindre mouvement l’effrayait. Mais surtout, elle était perdue. Elle ne savait pas où elle était, et elle ne savait pas comment rentrer.

Rentrer où ? Telle est la question. Rentrer à la maison, mais pas celle de ses parents, la maison de son âme. C’était elle qu’elle cherchait dans la forêt. C’était elle qu’elle cherchait avant de se retrouver dans le noir. Elle ne savait plus si elle devait avancer à tâtons dans le noir ou rester là, perdue, acceptant d’être perdue d’avoir peur. Acceptant le noir complètement. Elle était perdue entre ces deux possibilités. Elle était perdue tout court.

Alors, au fond d’elle monte le OUI, l’acceptation d’être perdue. Elle s’assied, elle est là, elle est perdue et elle est oui. Oui avec le fait d’être perdue dans cette forêt noire qui lui fait peur. Dans cette forêt noire sans lumière. Elle a toujours peur. Le moindre bruit la fait sursauter mais pourtant, profondément, à l’intérieur, elle est oui. Oui avec cette peur, oui avec ces sursauts, oui avec le fait d’être perdue, d’avoir perdu la maison de son âme et de ne pas pouvoir retourner non plus à la maison de ses parents.

Passe un temps indéfini, indéfinissable. Des minutes, des heures peut-être. Et soudain, il y a comme une étincelle, au plus profond d’elle qui s’allume. Qui passe dans sa bouche et alors qu’elle ouvre la bouche, sort. Cette étincelle est maintenant dehors, dans la forêt. Et, elle bouge. La petite fille se lève, la regarde, émerveillée. Il y a de la lumière enfin, il y a de la chaleur. Mais ce n’est pas la maison de son âme. L’étincelle se met à bouger et la petite fille la suit, intriguée. Elle la suit à travers la forêt même si elle ne voit rien. La fillete avance prudemment mais l’étincelle ne va pas vite de toute façon, comme si elle l’attendait. Elle bute parfois sur des obstacles mais elle avance, toujours guidée par l’étincelle et globalement, le chemin est serein, sans trop d’embûches.

Et, à un moment, la petite fille débarque dans une clairière. Une clairière où un grand feu brûle, un énorme feu de joie qui monte haut, très haut, jusqu’au faîte des arbres. Le feu est chaud, il crépite. Il est là, tout seul, il n’y a que le bruit du feu. Et l’étincelle est là, pas loin de ce feu. Et, soudain, va le rejoindre.

La petite fille ne sait pas si elle doit rejoindre le feu comme l’étincelle. Ou rester là à le regarder. Comme lorsqu’elle était perdue, là-bas dans le noir, elle accepte de ne pas savoir quoi faire. Elle s’assied devant le feu, le regarde, l’écoute, l’observe : ses mouvements, ses couleurs, la vie qui l’anime. Et elle entre dedans en pensée. D’un coup, elle est pleinement dans ce feu. Elle vit dans ce feu, elle participe à sa danse, à ses couleurs. Il fait chaud mais elle ne brûle pas. Il fait juste bon. Juste la température idéale pour se sentir bien : ni trop chaud, ni trop froid, parfaite. Le mouvement parfait, les couleurs optimales. Elle est bien. Elle est hors du feu et dedans en même temps.

Et d’un coup elle se réveille. Elle est dans son lit, dans la maison de ses parents. Et elle sent ce feu brûler en elle. Le feu de son rêve est entré dans sa poitrine, dans le haut de son cœur. Et elle brûle, rayonne et son âme sait qu’elle a retrouvé sa maison.

La petite fille et la maison de l’âme, en audio

Que représente vraiment Samhain/Halloween dans la tradition celtique ? Voici les aspects spirituels de cette fête traditionnelle du 31 octobre. Avec un rituel pour chasser l’indésirable et une méditation guidée.

En ce 31 octobre, j’ai voulu préparer un rituel de Samhain en cette année où la fête tombe aussi le jour de la lune bleue d’octobre (deuxième pleine lune du mois). Pour m’inspirer, j’ai repris une de mes ressources : Vivre la tradition celtique au fil des saisons. Et, parmi toutes les riches informations de ce livre, j’ai sélectionné celles qui pourraient nourrir mon rituel. Et je me suis dit qu’elle pourraient aussi vous donner des clés de compréhension de cette fête sur le plan spirituel. Les voici, avec un rituel et une méditation guidée audio.

À Samhain, nous apprenons par la séparation et nous laissons mourir ce qui n’est plus utile dans nos vies, ce qui ne nous convient plus. Ayant récolté les fruits de la culture de notre âme cette année, nous commençons maintenant à nettoyer nos champs intérieurs. À ôter les chaumes qui y restent. En faisant cela, nous nous alignons sur le cycle cosmique de la mort et de la renaissance.

Un rituel pour lâcher prise et chasser l’indésirable

Posez-vous ces 3 questions et écrivez une liste pour chacune :

  • Quelles vieilles habitudes, tendances, et manières d’être ne vous servent plus, à vous et à vos relations ?
  • Quelles sont les choses du passé qui affectent de manière négative le bien-être de votre famille ou de votre communauté, et qu’il conviendrait d’oublier ?
  • De quoi faudrait-il débarrasser notre planète pour qu’elle soit en meilleure santé ?

Choisissez UNE chose pour chaque question que vous souhaitez vraiment voir partir. Puis prenez un morceau de fil, de ficelle ou de corde. Faites trois nœuds avec, un pour chaque question. En réalisant chacun des nœuds, visualisez chaque situation clairement en en imaginant chaque aspect comme étant fermement lié dans le nœud. Enterrez la ficelle nouée là où la pluie, le vent et le soleil ne peuvent la toucher et laissez-la pourrir.

L’enseignement de l’Ombre

Samhain nous enseigne au sujet de notre Ombre. Les peurs, les aveuglements, la négativité, et les questions non résolues, quant à nous-mêmes et la vie en général, doivent en effet être reconnues, acceptés, récupérés avant que nous atteignions notre totalité. Une grande partie du pouvoir de la spiritualité celtique réside dans cette volonté d’embrasser notre côté sombre. Plutôt que de mettre son insistance à nous faire tourner vers la lumière, la Déesse Sombre des Celtes nous fait descendre, pour nous mettre face à notre obscurité cachée. Car, comme Jung l’a dit : « On ne devient pas illuminé par d’imaginaires figures de lumière, mais en rendant consciente l’obscurité ».

Tous les aspects Vieille Sorcière de la Déesse des Celtes jouent le rôle de gardienne du seuil, le personnage qui garde l’entrée des plans intérieurs. Elle est la Reine de l’Air et de l’Obscurité, qui incarne notre Ombre d’une façon terrible mais elle n’est pas le mal en elle-même. Elle ne fait que réfléchir vers nous notre propre faiblesse, nos illusions, nos peurs. Si nous ne pouvons pas faire face à notre négativité, nous ne sommes pas prêts à aller plus avant sur le chemin spirituel. Si nous pouvons rencontrer l’Ombre avec équanimité, son apparence terrible se dissout, et nous sommes initiés à de profondes vérités et réalités.

Méditation de Samhain : La chaise de la vieille

Méditation guidée de Samhain

Ce peut être une méditation très profonde qui peut être répétée plusieurs fois. Vous pouvez vouloir écrire ce que vous éprouvez ou avez vécu rapidement afin de de pouvoir le relire plus tard.

La solitude nous renvoie à l’essentiel, à la source de l’Être. C’est pourquoi elle peut être crainte comme recherchée. Si on l’accueille, si on choisit de traverser son inconfort du début, elle nous révèle ses germes de plénitude.

Quand je me passée d’une vie de couple avec un enfant de deux ans à une vie de célibataire avec ce même enfant mais à temps partiel, il y a eu comme un vide soudain. Je me retrouvais seule et comme beaucoup, dans un premier temps, j’ai cherché à combler ce temps libre avec des activités. Je cherchais à faire, plutôt qu’à expérimenter cette déstabilisation et cette solitude.

Mais, même en cherchant à faire, j’ai vite été confrontée à ce que je fuyais : moi-même et le mal-être qui était le mien à cette époque. Parce que malgré tout les moments de solitude restaient plus nombreux qu’avant.

J’ai appris à apprivoiser cette solitude, petit à petit. Au point d’en arriver à un point où si j’avais trop de sollicitations extérieures, elle venait à me manquer. De subie, la solitude est devenue choisie. Et c’est un outil incontournable pour se reconnecter à la Source.

Solitude et isolement

Quand elle est choisie, la solitude ouvre un espace où le Mystère, l’invisible peut s’inviter. En ne me fuyant pas, en m’habitant telle que je suis à un instant, je retrouve ce qui m’anime vraiment. Je me « verticalise », j’assume pleinement qui je suis, depuis mes ombres jusqu’à ma lumière. Je retrouve mon étincelle divine et je peux la nourrir.

Choisie, la solitude n’est donc pas un isolement. Les personnes que la solitude effraie redoutent en réalité l’isolement, le sentiment d’être seules, coupées de tous. Mais notre plus grande solitude ne vient pas tant d’être séparés des autres que du fait d’être coupés de nous-mêmes et, par là, de la Source. Et cela ne peut se combler à travers des activités ou des relations.

La solitude permet de découvrir qui on est

Vivre ces tête-à-tête avec soi-même ce n’est pas évident au début. Cela flanque une peur abyssale même. Et surtout cela réveille la part intérieure de soi qui juge. Une personne seule est mal vue par le groupe, tout nous pousse à faire clan. Donc choisir d’être seule ou choisir des moments de solitude c’est aller contre le clan, y être déloyal. C’est d’autant plus difficile à assumer quand on vit en famille ou quand on a des responsabilités importantes envers des proches.

Et pourtant, c’est un sas de ressourcement extraordinaire. Un rendez-vous avec soi et avec ce qui, en soi, est plus grand que soi. Notre Soi supérieur, notre lien à la Source. Une bouffée d’air frais, un Souffle divin.
Chercher à étouffer, nier ou vouloir soigner le sentiment de solitude c’est s’exposer à se sentir encore plus seul au fond. Mais c’est s’exposer aussi à ne pas créer d’espace où grandir et devenir l’être que l’on est réellement.

« Pour devenir soi et quelque peu libre, il faut lâcher le recours permanent à l’autre, au regard de l’autre. Marcher seul. Refuser l’aide autant que l’apitoiement et la flatterie » écrit Jacqueline Kelen dans L’esprit de solitude. « La voie solitaire n’engage pas nécessairement à un combat héroïque, elle invite d’abord à la rencontre avec soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire ou de la génétique » ajoute-t-elle.

En vérité, nous ne sommes jamais seuls

Plutôt que de chercher en l’autre quelque chose qui ne se trouve qu’à l’intérieur, on peut simplement se déposer en nous-même, dans un espace de silence et de solitude. Même si ce n’est que 5 minutes dans sa chambre pendant que le reste de la maisonnée continue à parler et à agir.

Respirer, se déposer au cœur de notre cœur, être tout simplement dans le présent pur, se redécouvrir un avec la Source mais aussi avec le reste du monde. Et abandonner tout ce qui nous dissimule cette vérité essentielle : nous sommes déjà tous interreliés.

Évidemment cela prendra plus que 5 minutes pour en arriver là, mais il existe un effet cumulatif de tous ces moments de solitude choisie, de tous ces moments où on choisit d’être uniquement avec soi-même. Et à terme, ce que l’on expérimente, c’est la plénitude de l’existence.

Cerise sur le gâteau : « Lorsqu’un individu a pris contact avec ce noyau indestructible, a expérimenté cette solitude de l’Esprit, il peut ensuite vivre seul ou en couple, à la ville ou au désert. Il ne sent plus jamais isolé, coupé » dit Jacqueline Kelen.

Depuis que j’ai posté le dernier épisode de Mist terre sur la peur, des peurs sont venues m’assaillir. Coïncidence amusante. Et voilà que je retrouve une citation de Clarissa Pinkola-Estés, issue de Femmes qui courent avec les loups sur la peur. La voici.

Femmes qui courent avec les loups est comme un livre-oracle pour moi. Dans des périodes difficiles de ma vie, notamment celle où j’ai perdu (ou presque perdu) ma peau d’âme (voir le chapitre 9 du livre de Clarissa Pinkola-Estés), ouvrir ce livre au hasard me faisait toujours arriver à un passage éclairant sur ce que je vivais dans mes profondeurs.

En relisant ce que j’ai pu écrire à l’époque la plus noire de ma vie, celle où j’avais perdu ma peau d’âme, j’ai retrouvé cette citation (qui se trouve p. 434 du livre, au chapitre 10) et je ne résiste pas à la tentation de la partager, parce qu’elle résonne bien avec mes peurs du moment :

Vous avez peur ? Alors allez-y. Ce n’est pas l’échec qui nous retient, c’est le courage de recommencer qui manque et nous fait stagner. Vous avez peur, et alors ? Réglez le problème. Laissez votre peur bondir, laissez-la vous mordre. Quand ce sera fait, vous en aurez fini avec elle. Elle passera. Vous irez de l’avant.

Le monde actuel est basé sur la peur, et c’est d’autant plus prégnant en ces temps de Covid-19. La peur doit-elle guider nos actions ou être considérée comme un signal d’un nœud interne à dénouer ? Ou bien les deux ?

Vous trouverez dans ce 6e épisode de Mist terre : 

Au début

L’introduction musicale habituelle pendant les 30 premières secondes.

Une lettre écrite à la Peur, sur un mode similaire à celui de la lettre à l’Amour.

Le plat de résistance (où il s’agit d’être oui)

Vers 3:55, c’est le début du podcast proprement dit. Il sera question de la peur, omniprésente dans le monde actuel, d’autant plus en temps de Covid-19. C’est la peur qui nourrit le monde de la dualité et de la discorde dans lequel l’humanité est plongé. Et c’est aussi elle qui nous coupe de la Source, de l’étincelle divine en nous.

La peur nous laisse mariner dans notre cocon d’autopréoccupation, donne du carburant à nos pensées les moins élevées, nous faisant oublier qu’en tant qu’humains, notre mission est de retrouver le divin en nous, de devenir co-créateurs avec la Source de toute vie.

Une question se pose  : et si la peur pouvait être un message nous intimant de revenir à nous, de nous retourner vers l’essentiel, l’essen-ciel ? Et si on pouvait passer à un monde basé sur la confiance en travaillant nos divisions intérieures et extérieures ?

Concrètement

À partir de 09:00 environ, que peut-on faire concrètement avec nos peurs ?

Il sera question de l’antidote de la peur : la confiance et l’amour. De quoi faire avec nos peurs quand elles sont là. Et d’un moyen de se sortir de son cocon d’autopréoccupation ou des pensées obsédantes basées sur la peur : être au service. Se donner, donner de son temps, sortir de soi. Et par là-même se reconnecter aux autres et à la Source.

Pour finir

Ce podcast, plus court que les précédents, ne prétend pas faire le tour de la question mais il donne quelques clés, pose quelques questions qu’il s’agit d’habiter si nous ne souhaitons pas (plus) vivre dans un monde basé sur la peur.

Une citation, non présente dans le podcast : “Si vous vivez en Lui – il n’y a plus de peur” (Dialogues avec l’ange p. 249). Autrement dit, quand on sort de soi comme je le propose, pour se connecter, en notre for intérieur, à la Source, il n’y a plus de peur. On en revient toujours là.

Les contes nous aident à relier notre âme à celle du monde, à nous rappeler que nous ne sommes pas seuls, que la réalité dépasse ce que l’on entend d’ordinaire par « réalité ». Ils réveillent en nous le souvenir de la Source et restaurent le lien entre Ciel et Terre. Examinons cela plus en détail [+ un conte en audio à la fin].

Je ne sais pas vous mais pour ma part, petite fille, je sentais confusément dans certaines histoires la présence d’un mystère, un surplus aux mots prononcés qui touchait mon âme et semblait ouvrir la porte sur un monde dont j’ignorais tout mais qui m’appelait. Et c’est pour cela que j’aimais entendre et lire des histoires, des contes. Certains ont laissé des traces indélébiles dans mon cœur. Nous allons parler ici du conte comme « outil » de reconnexion à la Source.

Les contes, comme outils de « reliance » au monde de l’esprit, à l’invisible, ont aussi le pouvoir de guérir notre âme et, ce faisant, notre corps. Ils font leur chemin à travers nos cellules après qu’on les ai écoutés. Ils nous sculptent de l’intérieur, ils réveillent les étincelles de vie qui ne demandent qu’à jaillir.

Le langage commun aux hommes et aux dieux

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ». Si cette célèbre maxime est vraie, dit Annick de Souzenelle dans « Le symbolisme du corps humain », alors forcément « il doit exister les traces d’un dialogue reliant entre eux l’Homme et Dieu ».
Et le langage compatible à la fois avec l’humain et le divin c’est celui que nous proposent les Dieux depuis la nuit des temps : les légendes, les mythes et les symboles. Pour Annick de Souzenelle, « il est de la plus grande urgence de redonner au conte, à la légende, au mythe, au rituel, leur place dans notre vie et de les laisser nous informer. C’est là le chemin de la Connaissance ».

Les mots, le Verbe, les histoires, les contes peuvent en effet soutenir la vie de l’âme, nous aider à entendre sa voix aussi, à écouter ses désirs et besoins profonds.

Quelles sont les différences entre les contes et les mythes ?

Le mythe propose une explication universelle du monde, s’adressant ainsi à la société entière. D’ordre divin, il renvoie aux fantasmes originaires (comme le célèbre mythe d’Œdipe, à l’origine du complexe du même nom, le montre bien). Son héros a un nom.

Le conte est lié à l’imaginaire, il renvoie sur le plan psychologique au roman familial. Il s’adresse donc à un groupe, voire à un individu. Chacun y puise ce qu’il peut y prendre. Son héros n’a souvent pas de nom.
Conte et mythe ont tous deux pour fonction de transmettre un savoir, une règle, une loi.

Faire communier l’âme humaine avec celle du monde

La symbolique des contes nous permet d’entrer en contact avec « ces lieux où l’intime devient immensité et où l’immensité devient maison de l’intimité » dit Marie-Claire Dolghin-Loyer dans son livre Les saisons de l’âme.

« Que peuvent les contes ? Presque rien mais beaucoup : nous aider à changer le regard que nous portons sur notre monde et sur notre vie. Nous réapprendre l’innocence.
Que murmurent les contes ? Que nous ne sommes pas seuls. Que nous sommes entourés de présences invisibles, certes, mais aussi vivantes que nous. Les contes nous répètent depuis toujours que le visible et l’invisible sont les deux seuls vrais pays du monde, et qu’entre eux sans cesse on s’observe, on se visite, on va et vient » dit le conteur Henri Gougaud dans Renaître par les contes.

Et Jacqueline Kelen de renchérir dans Une robe de la couleur du temps : « les contes réveillent celui qui les entend. Ils lui rappellent la présence d’un autre monde et la haute destinée à laquelle il est promis ». Elle ajoute : « les contes sont des messagers et des médiateurs. Inlassablement, ils restaurent les fils qui relient la Terre au Ciel, l’humanité aux dieux, l’âme à sa patrie d’origine ».

Adopter le rythme du héros du conte

Le conte met en scène des détours que l’homme contemporain ne s’autorise plus, même lorsqu’il voyage, tant il est obsédé par l’idée d’arriver le plus vite possible à sa destination. Le héros des contes, lui, avance lentement. Cela autorise l’histoire à lui présenter des rencontres insolites, des lieux bien cachés, de faux hasards… Des choses dont nous rêvons qu’elles nous arrivent alors même que nous ne sommes plus accordés à « la musique du cœur du monde » (pour reprendre une formule d’Henri Gougaud).

Les contes nous invitent à ralentir, éveillent cette part de nous reliée à notre âme par notre imaginaire, nous rappellent notre devoir d’humains s’étant incarnés sur cette Terre : réunir nos parts divines et humaines, devenir la reine ou le roi de notre Royaume, ici, dans ce corps, avec les cartes que nous avons reçues à la naissance pour jouer à ce jeu infini de la Vie.

Un conte qui a surgi

Avant d’écrire cet article j’ai ressenti l’impérieuse nécessité de m’enregistrer. Je ne savais pas ce que j’allais dire lorsque le micro serait allumé mais j’ai décidé de faire confiance à cette petite voix m’intimant d’ouvrir mon micro. Et c’est un conte qui est né là spontanément, à mon grand étonnement. C’est lui qui m’a conduit à écrire cet article (que j’avais déjà l’intention d’écrire).

Le voici, tel qu’il m’est venu (je ne retouche pas l’audio) :

La petite fille et la maison de l’âme

Des paroles vivantes de trois hommes sur la parole. Parler à partir du silence, parole active de participation à la vie, parole de relation, parole servante de la caresse sont au menu de ce podcast à écouter avec le cœur.

Des paroles autour de la parole, donc. Voici lesquelles :

Le premier texte sur la parole, c’est une lecture d’un passage de la page 49 du livre “Au cœur de l’instant” de Jean Bouchart d’Orval. Cet ancien physicien qui a un jour été “saisi par l’intuition fondamentale de l’existence”. Pour en savoir plus sur lui, allez visiter son site internet.

Le second texte est issu du livre Le monde commence aujourd’hui de Jacques Lusseyran, un résistant de la Seconde guerre mondiale, aveugle depuis un accident d’enfance. Cet homme a eu un parcours hors du commun depuis le camp de Buchenwald jusqu’à une université américaine où il a enseigné quelques années. Un écrivain aux livres aussi lumineux que son monde intérieur.

Les paroles suivantes sont celles du célèbre conteur Henri Gougaud. Elle sont issues de différents chapitres de son livre Renaître par les contes.

Une méditation de Joanna Macy, écophilosophe, conçue pour nous aider à “revenir à la vie”. Elle se trouve dans son ouvrage Ecopsychologie pratique et rituels pour la terre.

Ce type de méditation assez courte mais efficace permet d’aider à retrouver notre connexion au vivant et à la Source. Comme le dit Joanna Macy, cette méditation et les autres qu’elle propose, “faisant partie de notre héritage planétaire, nous appartiennent à tous”.

Rien d’autre ne vous est demandé que de vous allonger confortablement dans une pièce au calme (elle est plus efficace dans cette position, mais elle peut aussi se faire assise au besoin).

Dans cet épisode très court, une parole qui m’est venue autour de la note et de la fréquence unique de chaque être humain et de sa résonance avec celles des autres êtres et de l’univers.

Un podcast différent de Mist terre, qui propose l’écoute d’une parole avec le cœur. La mienne pour cet épisode dans lequel vous trouverez :

Une introduction musicale à la harpe (je joue le début de Roter Himmel – Blaue Wolken de Christoph Pampuch) .

Puis une parole que je vous invite surtout à écouter.  Voici tout de même, en résumé, ce qui y est dit.

Je pars de l’idée que chaque être humain est comme une note unique dans la symphonie de l’Univers. Pour faire entendre, émerger sa note, il a d’abord à purifier son cœur, à dialoguer avec ses ombres, à aller pêcher le cadeau que chacune de ses ombres cache. Pourra alors émerger sa note unique.

Et s’il continue son processus alchimique interne, sa note unique entrera en harmoni(qu)e avec les fréquences de l’univers et des autres êtres, pour former un chant, celui de l’humanité en résonance avec le Tout.

Pour finir, et ce n’est pas dans le podcast : un conseil de lecture qui me vient, en réminiscence et sans doute en résonance : La symphonie des étoiles de Sylvie Vauclair qui, à une autre époque de ma vie, a été ma professeure d’astrophysique.

Un nouveau podcast qui invite à l’écoute intérieure de textes ou de paroles qui ne doivent pas passer par le mental mais le cœur.

Dans ce podcast, je vais lire des textes puisés dans mes ressources, sur des thèmes particuliers ou comme ils se présenteront. Je vais partager aussi des intuitions, des réflexions que je me fais par moment. Une parole au service de l’âme.

Dans ce premier épisode, vous trouverez :

Une introduction à la harpe (je joue le début de Roter Himmel – Blaue Wolken de Christoph Pampuch).

De 00:30 à 1:50 environ, j’explique le principe de Parole de lumière. Et le fait que cet épisode est consacré à l’union entre matière et lumière, avec la lecture de trois textes assez différents sur ce thème. Ces textes je ne les source pas dans l’audio, pour ne pas teinter leur découverte. Je vous invite donc à les écouter avant de lire plus avant ce descriptif où je vais vous dire d’où ils viennent.

A partir de 1:50, je lis le premier texte. Il s’agit d’un extrait de Rencontres avec la Splendeur de Marie Elia. Ce sont des bouts juxtaposés par moi du texte de la lettre Kaph, pages 184 à 186. Ils ne s’enchaînent pas ainsi dans le livre et il y a de légères distorsions pour que cela reste compréhensible même si on ne lit pas tout le texte.

Puis vers 05:00, le second texte commence après une petite introduction. Il s’agit d’un court passage de l’entretien 44 de Dialogues avec l’ange, page 255-256.

A 6:30, je lis un poème que j’ai écrit, intitulé L’oeil de la Grande Ourse.

La poésie, c’est-à-dire la transcription d’un ressenti ou de ce que l’on voit en métaphores, en mots qui riment ou non, est une pratique de transformation de nos états intérieurs très intéressante.

Pourquoi faire de la poésie ?

Écrire des poèmes permet aux deux hémisphères du cerveau de fonctionner ensemble, ce qui crée une harmonie. Lorsque les deux hémisphères cérébraux sont en harmonie, par exemple en étant l’un très dans un état méditatif, l’autre bien concentré, cet équilibre permet de voir la vie, tout en étant la vie.

La poésie est, comme le chant, une ressource, une pratique, permettant de laisser l’énergie circuler. Écrire un poème est une façon de traduire de ce que l’on vit, ce que l’on voit, ce que l’on sent en métaphores, en images.

C’est un aperçu du paysage intérieur, c’est un point de vue double : sur l’intérieur et sur l’extérieur à la fois. L’extérieur sert d’appui pour décrire l’intérieur. C’est une fenêtre sur l’âme, et c’est une parole de beauté qui libère les mouvements intérieurs et ainsi reconnecte à la Source.

Quels poèmes ?

Il y a des poèmes inspirés, c’est-à-dire traversés par le Souffle. Et d’autres qui tentent maladroitement d’enfermer dans des mots un état intérieur indescriptible. D’autres encore jaillissent, sans sembler rimer à rien… et pourtant une parole vraie y surgit, qui parle directement au cœur.

Le poème comme pratique, c’est cet essai de transformation de ce qui nous agite, de ce qui en nous se meut, avec plus ou moins de résistance, en une parole libératrice. C’est laisser sortir des émotions en mots, et s’en trouver allégé. Cela peut être aussi faire œuvre de beauté et ainsi nourrir son âme.

On peut écrire des poèmes-fleuves ou bien des haïkus, ces courts poèmes japonais de trois lignes suivant un rythme de 5-7-5 syllabes. Ce qui compte c’est d’offrir au Verbe l’énergie qui nous anime, de la laisser sortir, de la transformer pour l’apaiser ou en restituer la force sauvage, la beauté brute.

Petit exercice de poésie

Posez-vous dans un endroit tranquille. Mettez votre attention sur votre respiration, pendant quelques cycles. Puis laissez sortir une dizaine ou une quinzaine de mots, spontanément. Notez-les. Et amusez-vous à faire un poème avec.

Rien ne vous oblige à ce qu’il ressemble à quelque chose, il suffit de relier ces mots, ces expressions, ces verbes en étant relié à son âme. Et peut-être même que le texte ainsi composé aura un message à vous faire passer.

J’ai fait cet exercice il y a quelques semaines, et pour vous montrer qu’il ne s’agit pas de prouesses littéraires, voici ce qu’il en est sorti.

Les mots : beauté, saison, majesté, califourchon, lune, à cheval, sensation, j’aime, résonance, figure, reine, solidité, force, facilité, légèreté.

Et le texte obtenu :

A cheval sur la Beauté

A califourchon sur ma majesté

Je passe les saisons

A travers mes sensations

Reine Lune trône dans le ciel de ma solidité

Roi Soleil rayonne dans le cœur de ma légèreté

J’aime cette résonance avec la Nature

Qui dévoile notre vraie figure :

Force, puissance et sérénité.

J’ai vécu la grâce récemment d’un lever de voiles du mystère de mon être. J’y ai puisé mon trésor intérieur, touché à mon JE SUIS. J’ai intégré sur tous mes plans ce retournement vers la Source qui est proposé à chaque humain. Et c’est l’occasion de partager comment je procède pour approcher le Mystère, de donner quelques clés à celles et ceux qui ne savent comment le contacter.

Voici ce que vous allez trouver dans ce cinquième épisode de Mist terre (écouter le premier épisode pour découvrir l’intention de ce podcast).

Comme d’habitude, trente secondes d’introduction musicale.

Suivies par trente secondes de citation du texte associé à la carte “Mystère” du jeu-livre Oumrazaï de Marie-Christine Chambon (Editions Arcana Sacra ).

Puis de 01:00 à 18:45 environ, je raconte ce que j’ai vécu ces dernières semaines qui m’a conduite à lever les voiles du Mystère autour de ma blessure d’enfant mal-aimée, pas aimée pour qui elle était. Et quel trésor j’ai puisé dans cette exploration des signes qui m’étaient donnés dans ma vie quotidienne par la Source, par la Vie. Des signes qui sont apparus sous diverses formes : situations, messages reçus, cartes tirées dans des jeux de tarot ou d’oracle, discussions, lectures…

À partir de 18:45 jusqu’à la fin, je donne quelques clés indispensables selon moi si l’on veut suivre ces signes et approcher de son Mystère et de celui de l’Homme. Et je mets l’accent, comme dans les autres podcasts, sur l’importance de l’attention que l’on doit décider d’avoir envers sa vie intérieure comme envers les signes et cadeaux de la Vie.

Un partage autour d’une expérience récente qui m’a fait réaliser que j’avais quitté le présent. Qu’est-ce qu’être dans le “ici et maintenant” apporte ? Comment faire pour y être plus souvent ? Quelques éléments de réponse dans ce nouvel épisode de mist terre.

Voici ce que vous allez trouver dans cet épisode :

Les 30 premières secondes : Intro chantée

De 0:30 à 01:30 :  L’événement qui m’a conduite à faire ce podcast

À partir de 01:30 : C’est quoi le présent ?

Ce que je dis là a un lien avec cet article, que je vous invite à lire.

De 03:30 à 05:50 environ : je reviens sur l’outil du “Mandala de l’être” présenté dans l’article dont je viens de parler. Je me trompe à un moment en parlant de “cocon de préoccupation” au lieu de “cocon d’autopréoccupation”.

Rappel : Le mandala de l’être de Richard Moss

A partir de 05:50 il est question de la difficulté de rester dans le présent même lorsqu’on a déjà connu la grâce du présent pur

Vers 7:45 j’évoque ce qui se passe en soi lorsqu’on est dans le présent. Donc l’intérêt qu’il peut y avoir à y être.

A partir de 11:10, vous trouverez les clés pour accéder au présent. Dont la danse libre.

BONUS : après avoir fait ce podcast, je suis “tombée” sur un passage de Mystères de la kabbale de Marc-Alain Ouaknin qui évoque justement l’instant présent. Je l’ai enregistré car il résume bien, avec d’autres mots, ce que je voulais dire dans ce podcast :

Tout ce site repose sur l’idée de se reconnecter à la Source. Mais pourquoi ? Et de quoi parle-t-on avec ce mot « Source » ?

Pourquoi se reconnecter à la Source ?

Je distingue trois motivations principales :

  • Pour répondre à sa vocation d’humain : pour beaucoup de traditions spirituelles, nous avons en tant qu’humains à incarner le divin en nous, à devenir un Homme qui réunit ses énergies animales et son origine divine. A unir le corps et l’esprit, la matière et la lumière.
  • Pour changer de niveau de conscience afin, peut-être, de changer le fonctionnement du monde actuel, à bout de souffle. Je développe ces idées ici et ici.
  • Mais aussi, plus prosaïquement, et c’est sans doute l’aspect qui intéressera le plus grand nombre de personnes, pour gagner en paix intérieure. Pour goûter la joie et la sérénité, quels que soient les événements que l’on vit.

Qu’appelle-t-on la Source ?

Vous vous doutez bien, avec la majuscule, qu’il ne s’agit pas de la source d’une rivière. La Source, c’est d’où l’on vient, et a priori où l’on va retourner. C’est cette Intelligence qui nous dépasse et semble parfois façonner nos vies et nos rencontres, c’est l’Amour qui nous a fondé, avec toutes les créatures. C’est aussi ce que certains appellent Dieu ou Déesse aussi.

Dans Naître une seconde fois, la thérapeute Élisabeth de la Barre définit ce que représente la Source d’une manière qui me plaît beaucoup. Voici ce qu’elle dit :

La Source divine est notre origine. Revenir à la Source c’est se tenir dans l’infini de soi, où réside le Tout-possible. Celui-ci n’est pas le « tout-probable », et encore moins le « tout-permis ».

Le Tout-possible est, aux confins de la foi, le mystère originel qui conduit tout homme à son accomplissement. […]

L’infini de soi – à l’image de l’espace grandiose et mystérieux que révèle le monde des astres et des galaxies – est ce secret cosmos qui habite l’âme de l’homme et ne cesse de l’appeler à vivre la conquête de son univers intérieur, et la quête du mystère divin en lui.[…]

Lorsqu’il entre dans son espace intérieur, l’homme vit l’expérience du prodigieux mystère qui l’habite et se révèle dans le Silence intemporel qui règne en lui. Il communie avec lui, dans ce « vide habité », lumineux, d’où il est venu à la vie manifestée.

Mist terre est un podcast poético-sensible, donnant des clés pour lever les brumes du Mystère. Mist en anglais, c’est le brouillard. Il symbolise ici les voiles qui nous séparent de la Source et de nos mystères intérieurs.

Dans ce troisième épisode de Mist Terre, j’aborde un sujet qui me passionne : l’amour, vu ici sous l’angle des relations amoureuses. Parce que c’est mon moyen privilégié de connexion à la Source, et parce qu’aimer est le travail le plus important et enthousiasmant que j’ai à faire au cours de ma vie d’humaine, de mon point de vue.

Voici ce que vous allez y trouver :

De 0:00 à 0:35 :  l’introduction musicale composée et interprétée par moi-même

De 0:35 à 5;15 : une lettre à l’Amour que j’ai écrite

De 5:15 à 6:25 : le début du podcast

De 6:25 (environ) à 7:10 : la définition du Mystère et son lien avec l’amour selon Marie-Christine Chambon, l’autrice du jeu/livre Oumrazaï

De 7:10 à 9:50 : comment cette citation résonne avec mon vécu

De 9:50 à 13:30  : retour sur la lettre à l’Amour du début et sur l’amour vu comme un travail, notamment avec L’art d’aimer d’Erich Fromm.

De 14:00 à 19:30 : itinéraire d’une relation depuis la rencontre-branchement direct à la Source à la relation mature, en passant par l’histoire de la séparation et des blessures de chacun qui se rejouent et nous invitent à les transformer, les transmuter.

De 19:30 à 21:20 : un résumé de ce qui a été dit jusque là.

De 21:20 à 28:50 : 5 clés qui permettent de mieux vivre les relations en levant aussi les voiles du mystère

De 28:50 à 31:00 : un résumé des clés données 

De 31:00 à la fin : une citation du livre Conversation amoureuse de Jacques Lusseyran.

Un poème que j’ai écrit sur le retournement, la mutation intérieure, la métanoïa auxquels l’humain est appelé pour retrouver sa part divine, se verticaliser.

Va, va vers toi
Tourne le dos au passé
Ouvre ta propre voie
Passe les multiples gués
Qui te séparent de Lui
Qui t’éloignent d’Elle

Va, va vers l’Amour
A tire d’ailes
Suis ta propre voix
Sans détour, vers le Ciel

Et lorsque tu rencontreras
Sa Lumière au fond de toi
Son Feu t’embrasera
Ta lumière se révélera

Ensemble, Lui et toi
Vous créerez le Royaume
Ensemble, toi et moi
Nous le mettrons au monde
Et tous, nous serons Rois

Va, va vers toi

Sur le nécessaire retournement, lire aussi : De l’homme psychique à l’homme spirituel

La méditation est un des arts majeurs de la vie, peut-être “l’art suprême”, et l’on ne peut l’apprendre de personne : c’est sa beauté. Il n’y a pas de technique, donc pas d’autorité. Lorsque vous apprenez à vous connaître, observez-vous, observez la façon dont vous marchez, dont vous mangez, ce que vous dites – les commérages, la jalousie, la haine – être conscient de tout cela en vous, sans option, fait partie de la méditation.

Jiddu Krishnamurti, Se libérer du connu, Le livre de poche, 1995.

Vivre dans le présent, c’est le moyen de ne plus se raconter d’histoires dont la rotation dans le mental occasionne une souffrance émotionnelle. Et c’est aussi le meilleur moyen de se connecter à la Source afin d’y puiser une énergie créative et spirituelle. Voici un outil pour retrouver l’instant présent créateur : le Mandala de l’Être.

Je l’ai déjà écrit, nous avons, nous humains, à opérer un retournement à l’intérieur de nous-mêmes, à mettre au monde notre être intérieur et sacré, à nous reconnecter à la Source afin de quitter le monde de la séparation et ses conséquences désastreuses sur l’ensemble de la biosphère. J’ai aussi déjà partagé que ce qui a permis ce retournement chez moi a été la lecture consécutive de deux livres : Le Mandala de l’Être de Richard Moss et Je ne crois pas en Dieu, je le vis du père Maurice Zundel. Le point commun que j’ai découvert entre ces deux ouvrages, c’est qu’ils invitent à revenir au présent de nous-mêmes (Maurice Zundel appelle cela « être en Dieu »).

« Plus nous sommes proches du présent de nous-mêmes, plus nous disposons d’une énergie spirituelle et créative » dit Richard Moss, ancien médecin et enseignant dans les domaines de la conscience et de la transformation intérieure. Être au présent, au commencement de nous-mêmes, ne serait-ce qu’un moment, cela permet de se libérer des histoires qui tournent sans cesse dans notre mental, générant des émotions plus ou moins vives et du stress. Et comme le souligne Richard Moss, « l’âme a beaucoup de mal à rayonner à travers la peur, la culpabilité, le ressentiment, la jalousie et la peine ».

Le père Zundel le dit différemment : « Ou bien nous sommes en nous et cela ne va pas, et il n’y a pas de solution, ou bien nous sommes en Dieu et il n’y a pas de problème. On ne peut être qu’en Dieu ou en soi ». Dans la position « présent » du Mandala de l’être (voir photo ci-dessous), tout va bien, dans les autres positions, cela ne va pas et on se raconte des histoires.

mandala

La force de l’outil de Richard Moss est de permettre de débusquer ces histoires que l’on se raconte, le plus souvent sans avoir conscience. Puis d’expérimenter en conscience ce que chaque histoire crée en nous (comme émotion, comme sensation corporelle). Et enfin de générer et expérimenter un contraste permettant de reformuler l’histoire et de s’en libérer. J’ai pu pratiquer cet outil en stage avec Richard et j’ai été très étonnée de l’histoire la plus forte que je me racontais sur un moment vécu où j’avais été « boueuse », c’est-à-dire piégée dans un état émotionnel fort stimulé par une situation de vie particulière.

Mais avant même de pratiquer avec Richard Moss, rien que de lire son livre et de prêter ensuite attention pendant quelques semaines à mon état intérieur de manière régulière (plusieurs fois par jour), et en me rappelant juste de respirer profondément quelques instants quand je me sentais pas bien, pour me ramener dans l’instant présent, me permettre de goûter la paix, la détente de cet instant a opéré des changements impressionnants dans ma manière de vivre ma vie. Des événements qui auraient engendré une vive réaction quelques semaines plus tôt ne me touchaient plus de la même manière, parce que j’approchais mieux de ce présent de moi-même.

Et tandis que je pratiquais de manière très basique cet outil (par ailleurs très puissant lorsqu’on l’utilise correctement), je lisais cet autre être de feu qu’est Maurice Zundel. J’ai vraiment le sentiment rétrospectivement que c’est ce qui a entraîné cette naissance en moi à mon être intérieur, ce second baptême. Je me suis rendu compte un jour d’un apaisement, et surtout du fait que je ne me racontais plus d’histoires (sur moi, sur l’autre, sur mon passé, ou mon futur). Et lorsqu’il m’arrivait de m’en raconter j’en étais consciente, et cela ne durait pas autant qu’avant. Je ne souffrais plus, je n’étais plus seule.

Alors, bien sûr, il existe encore des situations qui me rendent « boueuse » en une seconde, mais elles représentent l’exception, pas la règle. Et vraiment, depuis, je ressens combien être plus proche de ce présent de moi-même me permet de disposer d’une plus grande énergie, de mettre mon attention sur des choses qui nourrissent vraiment mon âme. Et aussi de mieux révéler/attester la lumière divine dont je suis faite (comme tout humain) et de déployer ma puissance d’être au monde.

Comme le dit Richard Moss, « Il n’y a que la Source qui nous ressource et pour que cela survienne, nous devons retourner au présent, à notre commencement. Nous devons prendre le risque de rester dans le présent » (même lorsque ce présent est douloureux).

Les ressources à lire :

Voici pourquoi le rituel permet de se connecter à l’infini de soi, et un rituel que j’ai créé pour prendre soin des cicatrices de mon cœur (avec une piste audio pour le faire plus facilement).

Un rituel, c’est quoi ?

Les rituels font souvent partie de notre quotidien ou rythment notre année : le déroulé immuable se faisant chaque soir avant le coucher (l’histoire racontée aux enfants, la routine de soin/démaquillage/déshabillage…), le même parcours emprunté chaque jour pour aller travailler ou à l’école, la fête des mères, les fêtes religieuses, les repas de famille… Dans ce sens, le rituel est un cérémonial ou un geste répété avec une certaine fréquence qui rassure et structure à la fois.

Le rituel peut aussi être une suite de gestes que l’on accomplit avec une intention précise. Il permet de connecter différents éléments qui nous composent : l’agir par le corps, le ressenti (sensations corporelles, émotions) et le sens (symbolique). C’est alors un moment qui permet à la fois la connexion à soi et à plus grand que soi. Un moment qui participe à réenchanter un monde désacralisé.

Le rituel comporte un temps de préparation, une ouverture de l’espace du rituel, un déroulé plus ou moins précis et un moment de fermeture de l’espace/du moment vécu.

On pourrait dire aussi qu’envisage dans ce sens, le rituel est une sorte d’antidote à la vieille histoire de la séparation et une aide pour entrer dans la nouvelle histoire de la réunion. Il permet d’oser suivre son élan intérieur, son intuition, de développer sa créativité.

Rituels de femmes

J’ai découvert les rituels dans la religion néopaïenne à laquelle je me suis intéressée après avoir lu Starhawk qui se définissait comme sorcière néopaïenne. J’avoue que l’aspect très codifié des rituels ne m’attiraient guère à l’époque. Et surtout je n’avais jamais ce qu’il fallait chez moi pour les réaliser.
Plus récemment, les éditions Le courrier du livre ont sorti une collection Rituels de femmes que je suis de près depuis son premier opus Rituels de femmes pour s’éveiller au féminin sauvage. J’ai commencé à faire des rituels avec ces livres fort bien faits et très beaux au demeurant. A chaque fois que j’ai fait un rituel, il en est toujours sorti :

  • soit une prise de conscience
  • soit un bien-être plus grand,
  • soit juste la joie de m’être connectée à moi-même et de m’être accordée (à) ce moment.

La douche d’amour du cœur blessé

Voici un rituel que j’ai créé, et pratiqué, pour prendre soin des multiples replis de mon cœur ayant souffert, émotionnellement ou physiquement. J’avais ressenti, lors d’un soin, une énorme résistance chez moi à accueillir l’amour. J’ai toujours été très bonne pour en donner et moins douée pour le recevoir.

L’idée de ce rituel était donc de prendre soin de mes parts blessées, de ces parts de moi qui refusent l’amour, trouvant plus sécurisant de le donner.
Je vous offre son déroulé et un petit audio (à répéter éventuellement) pour vous guider sur la partie centrale.

Préparation

Rassembler :

  • une bougie rose (ou rouge ou blanche),
  • un joli tissu à poser au sol (sauf si on a un autel de prière ou de saison),
  • des pierres roses et vertes (quartz rose, aventurine…) ou des fleurs,
  • une huile essentielle (HE) reliée au chakra du cœur (par exemple HE de rose de Damas, HE de sapin, HE de nard de l’Himalaya, HE d’épinette, HE de basilic exotique, HE de verveine citronnée) et son diffuseur éventuellement ou bien de l’eau florale de rose,
  • une huile végétale,
  • un verre d’eau,
  • des granions d’or (facultatif, on en trouve en pharmacie) ou le jus d’un demi-citron,
  • quelques cartes d’un oracle ou des images ayant un lien avec le cœur et/ou la guérison,
  • une musique que vous aimez bien (facultatif) et de quoi la diffuser.

Cela peut faire peur tout ce matériel, mais à vrai dire, j’ai fait avec ce que j’avais chez moi et l’idée c’est aussi de suivre votre ressenti, par rapport à votre cœur, en prenant ce qui chez vous se rapproche du matériel cité, tout en gardant du sens pour vous.

Ouverture

Aller dans une pièce où l’on est seul(e) et susceptible de ne pas être dérangé(e) pendant 20-30 minutes environ. Poser le tissu au sol, y disposer les pierres ou les fleurs, la bougie (et de quoi l’allumer pas loin), ou disposer ces objets sur votre autel. Allumer la bougie, avec l’intention de prendre soin de son cœur.
Diffuser l’huile essentielle reliée au chakra du cœur, ou la sentir, ou une autre HE aidant à se centrer (celle d’encens par exemple).

Le déroulé du rituel

Assis(e) sur un coussin (de méditation) ou au sol, le dos droit et la poitrine ouverte, respirer profondément quelques instants (avec le ventre). Puis poser ses mains sur la zone du cœur (entre les deux seins) et se relier à son cœur, en respirant consciemment, les yeux fermés.

Une fois que l’on se sent relié(e) à son cœur, se raccorder à une expérience ou un aspect de sa vie source de douleur ou de souffrance (psychologique, émotionnelle ou physique). Choisir une expérience si plusieurs se présentent et la visualiser comme un nuage de fumée grise. Inspirer profondément cette douleur dans son cœur, comme on inspirerait le nuage de fumée. Laisser son cœur être touché instantanément par cette douleur, absorber cette peine et transformer la souffrance. Expirer une vague d’amour dans cette zone de souffrance, comme une douce brume apaisante et réconfortante. Respirer ainsi quelques instants en notant les éventuels changements émotionnels ou corporels.

Puis, quand le moment est venu, se raccorder à une autre expérience et recommencer ce processus de respiration alchimique. Faire cette respiration autant de fois que nécessaire (autant de fois que d’expériences blessantes).

Voici un audio pour vous accompagner sur cette partie du rituel

À la fin de ce processus, boire un verre d’eau additionnée de jus de citron ou de granions d’or (pour apporter de la lumière).

Tirer une carte d’un oracle ou une image parmi celles préalablement choisies. Se relier à cette carte, à la magie de cette image. Puis lire son message (si elle en a un). Danser ce que cette carte évoque à son cœur (en musique ou en silence). Danser, c’est juste exprimer son cœur par des mouvements, pas faire une chorégraphie particulière.

Utiliser ensuite l’huile essentielle sélectionnée et se masser la zone du cœur et le ventre avec cette huile diluée dans une huile végétale (celle de rose est particulièrement adaptée). On peut s’allonger, pas loin du tissu, sur un petit matelas pour plus de confort. Rester un moment avec soi, dans cette caresse du corps.

Fermeture

Se rasseoir, remercier et éteindre la bougie. Le rituel est terminé.

On peut noter ses impressions et sensations éventuellement dans un carnet ou son journal si on en a un.

Mist terre est un podcast poético-sensible, donnant des clés pour lever les brumes du Mystère. Mist en anglais, c’est le brouillard. Il symbolise ici les voiles qui nous séparent de la Source et de nos mystères intérieurs.

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Dans la vie d’un humain, il est un passage particulier, un second baptême, celui qui nous fait passer de l’homme psychologique à l’homme spirituel, celui qui nous reconnecte au divin que nous sommes aussi. Voici comment Maurice Zundel, un prêtre et mystique suisse décédé en 1975 parle de ce retournement, de cette nouvelle naissance, de ce que j’appelle “se reconnecter à la Source” dans À l’écoute du silence :

« Le véritable itinéraire va, en réalité, non à sens unique du corps à l’âme – pour nous évader du corps – mais du moi biologique, du moi servitude, du moi préfabriqué, du moi qui m’est tombé dessus comme un colis jeté sur un quai de gare – du moi que je ne suis pas en un mot – au moi authentique, au moi spirituel, au moi origine, au moi créateur, au moi qui est source et valeur, au moi qui est universel, au moi qui est don, enfin, et que nous percevons dans la lumière et la transparence de l’amour. Ce passage, ce changement d’étage, cette libération s’annonce et retentit nécessairement dans tout notre être. C’est tout notre être, corps et âme, qui devient personne, origine, source et valeur. »

L’humanité serait-elle en transition entre un monde dit de la séparation, basé sur le “pouvoir sur”, la peur et un monde dit de la réunion, fondé sur la confiance et l’interdépendance ? Pouvoir contre puissance, vieille et nouvelle histoire, écologie sociale sont au menu de cet article comportant aussi un conte de Charles Eisenstein.

L’article en version audio sans le conte
L’article en version audio avec le conte

“Pouvoir sur” versus “pouvoir de”

Dans Épousailles, la philosophe Annie Leclerc affirme que le pouvoir ne peut exister sans la puissance, que seule la puissance est féconde et que le pouvoir vampirise cette dernière et tente de l’endiguer et de la contraindre. « Ce que le pouvoir vise c’est à enfermer la puissance affirmée de la vie et à en prélever toute la sève pour son propre culte ».

Ainsi, et en grossissant un peu le trait, pour Annie Leclerc le pouvoir réside dans la non-pensée, dans le prêt-à-penser, dans le mental éthéré quand la puissance « advient au cœur du corps », dans le vivre, dans les mains fécondes des travailleurs. « Le pouvoir consent bien volontiers à la science, à la philosophie, au concept et à la théorie ; de la bonne puissance à sucer, à pomper, à détourner à son profit. À condition que ça parle toujours du non-lieu de l’abstraction, du lieu nul où la chair se dédaigne. »

Dans « Moyens d’accès au monde », le philosophe Yann Kerninon écrit : « La société dans laquelle nous vivons est structurellement sadique, structurellement violente, structurellement fondée sur des jeux de pouvoir et de représentation, structurellement une société d’esclaves qui se déguisent en maîtres. Elle est ainsi fondée, précisément parce qu’elle n’a plus de fondement et que son essence même est le mensonge, l’apparence et la représentation – palliatif de puissance et d’authenticité. »

Au pouvoir sadique, Kerninon préfère la puissance masochiste. « C’est laisser pour toujours de côté la volonté de représentation et de reconnaissance pour concentrer son effort sur l’épanouissement de son propre destin. C’est se donner à soi-même des contraintes qui permettent de devenir soi-même, chaque jour un peu plus. »

La puissance masochiste définie par Kerninon se rapproche du pouvoir-du-dedans, de l’empowerment tel qu’il est défini par l’altermondialiste et sorcière Starhawk (dans Femmes, magie et politique – aussi traduit en Rêver l’obscur aux éditions Cambourakis) : « le pouvoir-du-dedans n’est pas quelque chose que nous avons mais quelque chose que nous pouvons faire ».

« Quand le monde est perçu comme étant composé d’être vivants, dynamiques, interconnectés, valables intrinsèquement, le pouvoir ne peut plus être vu comme quelque chose que les gens détiennent. »

Le pouvoir-du-dedans de Starhawk est ce que j’appelle puissance, ce « pouvoir qui vient de notre sang, de nos vies et de notre désir passionné pour le corps vivant de l’autre ».

Comment retrouver sa puissance, son pouvoir-du-dedans ?

Voici quelques clés, qui peuvent fort bien se combiner, permettant une transition entre le « pouvoir de » et ses structures hiérarchiques, son mépris du vivant et la puissance d’être.

Première clé : Débrancher le mental et danser la joie

Pour Annie Leclerc, la puissance prend sa source et culmine dans la jouissance, la jubilation. Et c’est la puissance qui pourra nous désaliéner, renverser le pouvoir : « les obstacles du pouvoir et toutes les instances de la négation – État, propriété, famille, couple – n’ont jamais cédé et ne céderont jamais que par le vouloir-dire, le vouloir-vivre, le vouloir-jouir, bref la puissance exprimée dans l’affirmation où l’humain fait corps ».

Mais alors comment affirmer sa puissance ? Par exemple, en ouvrant son corps, ses bras, en chantant, en dansant puis en parlant de ces élans de vie qui nous traversent, en les vivant complètement, sans jugement, en les écrivant, en inscrivant ce que veut le corps. Encore faut-il le connaître pour pouvoir le suivre. Pour le connaître, il faut l’écouter. Et pour l’écouter, s’accorder des moments dans la journée où on se dépose à l’intérieur de soi, en étant simplement attentif à sa respiration. Après quelques secondes ou minutes, selon le temps que l’on a à consacrer à cette pratique, regarder si on a des zones du corps qui sont contractées, quelles émotions sont présentes, et aller à leur rencontre comme on irait à la rencontre d’un ami.

Mais aussi danser, se laisser danser, chanter, se laisser chanter, courir, marcher, jouir, manger, parler, se toucher, se laisser être tout simplement, dans le présent, sans chercher à faire…

Une femme connaissant les pouvoirs intrinsèques de son corps, peut aussi accoucher sans douleur (et en tout cas sans souffrance). La BD de Lucile Gomez, « La naissance – découvrez vos super-pouvoirs » – est une mine d’or à cet égard.

Ma puissance je l’ai trouvée partiellement en osant (enfin) me montrer telle que je suis, en osant dire tout haut à mes proches ce que je pensais tout bas, ce que je vivais en silence. En m’exposant. En prenant le risque d’être rejetée. Et malgré des accueils divers, parfois difficiles, j’ai tiré une puissance formidable du fait d’oser être vulnérable, de montrer mes failles, mes ombres. « Là où il y a de la peur, il y a du pouvoir », je ne sais plus d’où sort cette citation mais j’ai pu constater dans ma vie que là où il n’y a plus de peur, il y a de la puissance.

Deuxième clé : Connaître la « vieille histoire » afin de construire la nouvelle

L’humain vit depuis des milliers d’années dans ce que l’écrivain et conférencier Charles Eisenstein appelle « l’histoire de la Séparation » dans son essai « Notre cœur sait qu’un monde plus beau est possible ». Ce monde plus beau que l’auteur appelle de ses vœux est celui bâti sur « l’histoire de la Réunion ».

L’histoire de la Séparation, c’est, en gros, celle du « pouvoir sur », celle de la Réunion, c’est celle du pouvoir-du-dedans, de la puissance d’être au monde. Le livre de Charles Eisenstein est conçu comme « un guide pour sortir de la vieille histoire, pour traverser l’espace vide entre les histoires et pénétrer dans la nouvelle histoire ». Une belle ressource à découvrir.

La vieille histoire, c’est celle qui nous a conduit à l’effondrement écologique et économique actuel. Celle qui nous a séparés les uns des autres et de la nature, celle qui nous a rendu esclaves, qui nous a fait perdre notre « pouvoir de », celle qui menace désormais notre civilisation tout entière (la planète, bien que saccagée, s’en remettra sûrement, les humains peut-être pas). Et c’est parce que nous sommes encore dans cette vieille histoire que nous n’agissons pas plus, pas plus vite face au désastre en cours pourtant bien documenté. La conscience du pouvoir-sur est en effet finement incorporée dans les formes et structures que nous créons.

Comme le dit Starhawk, « Une révolution qui lutte contre la distanciation, qui combat la violence inhérente à un petit nombre qui a du pouvoir sur beaucoup (ou inversement), ne peut venir d’une structure qui elle aussi donne du pouvoir à certains sur d’autres » : il nous faut changer impérativement d’histoire, créer une autre manière d’être ensemble, d’autres modes d’organisation des collectifs.

« La culture est un ensemble de récits que nous nous racontons sans relâche. Ce n’est qu’en les comprenant et en voyant leurs implications, les structures qu’ils créent en nous, que nous pouvons être libres de les changer » dit aussi Starhawk.

Voici les quatre principaux récits de la mise à distance, structures qui donnent forme à nos pensées, nos images, nos actions, selon elle. « En nommant ces récits, nous pouvons voir comment ils nous contraignent, et cette expérience est la première étape vers le changement. »

L’Apocalypse. Récit qui parle du temps, qui dit que le temps est une chose et non un ensemble de relations, que l’histoire est un récit avec un début, un milieu et une fin et que la fin sera une catastrophe.
Récit qui définit la forme de la plupart de nos récits.
L’apocalypse donne sa forme à la manière même dont nous travaillons, mobilisons nos forces pour satisfaire un délai ou répondre à une crise, nous effondrant ensuite, épuisés.
« La mentalité de crise nous empêche de penser, de prévoir, de travailler et de construire un changement à long terme. » « Cela nous fait aussi attendre un changement rapide, absolu et clairement défini. »
Cependant, Starhawk nous met en garde : si nous arrivons à changer la conscience, la culture et à prévenir la destruction, le changement ne sera ni immédiat, ni soudain.

Les bons garçons/filles contre les mauvais garçons/filles. Ce récit concerne les valeurs et représente la forme de pensée appelée dualisme : toutes les qualités peuvent être divisées en deux paires opposées. Incapacité à voir les gens ou les choses comme des totalités, contenant des éléments à la fois désirés et non désirés.

Le Grand Homme reçoit la vérité et la transmet à quelques élus. Ce récit concerne la connaissance. Il conforte l’idée que la vérité est trouvée au dehors et non au milieu et nie l’autorité de l’expérience, la vérité du corps et des sens, la vérité qui appartient à chacun et diffère pour chacun.
Il alimente le mensonge selon lequel il n’y a qu’une vérité.

L’Élection/La Chute. Il s’agit de succès et d’échec. Ces récits renforcent une conscience et une structure de pouvoir pour lesquelles certains ont une valeur et d’autres non.

Selon moi, la vieille histoire est celle construite sur la peur et le manque. Peur de mourir, peur de manquer, peur de l’autre, de l’étranger, peur de n’être pas assez… La nouvelle est a contrario, celle bâtie sur la confiance. Confiance dans l’abondance, confiance en l’autre, confiance en plus grand que nous.

La nouvelle histoire, pour Charles Eisenstein, est fondée sur les principes suivants :

  • Mon être participe de votre être et de tous les êtres. Cela va au-delà de l’interdépendance : notre existence même est relationnelle. Par conséquent, ce que nous faisons à l’autre, nous le faisons à nous-mêmes.
  • Chacun a un don unique et essentiel à offrir au monde.
  •  Le but de la vie est d’exprimer nos dons.
  • Chaque acte est important et affecte le cosmos.
  •  Nous sommes fondamentalement non séparés les uns des autres, de tous les êtres et de l’univers.
  •  Chaque personne que nous rencontrons et chaque expérience que nous vivons reflète quelque chose de nous-mêmes.
  • Le destin de l’humanité est de retrouver sa place dans la tribu du vivant sur Terre et d’utiliser ses dons spécifiques pour le bien-être et le développement de tous.
  • Le sens, la conscience et l’intelligence sont des propriétés intrinsèques de la matière et de l’univers.

Si cette nouvelle histoire, bien plus détaillée dans le livre de Charles Eisenstein, sonne étrangement à vos oreilles, ce n’est peut-être pas pour rien. C’est que, imprégnés de la vieille histoire, nous ne sommes pas toujours capables d’accueillir la nouvelle. Pourtant, comme le souligne Starhawk, « dès que nous choisissons des noms qui font que les choses ont l’air agréables, respectables, académiquement solides, scientifiques, nous sommes presque toujours en train de replacer la chose que nous nommons dans le contexte de la mise à distance – et de lui enlever son pouvoir en diminuant le nôtre. »

Selon Charles Eisenstein, nous ne sortirons de la vieille histoire qu’en changeant de niveau, en intégrant pour cela des manières d’être au monde et des savoirs extérieurs. Et heureusement, il semblerait que l’humanité ait embarqué la solution dans son voyage vers la Séparation. Écoutez son histoire des trois graines.

Le conte “Les trois graines” de Charles Eisenstein

Pour ceux qui ont néanmoins besoin de concepts sonnant mieux, de structures déjà existantes plutôt que de transition mouvante, il existe un autre moyen de retrouver sa puissance tout en faisant un sort au « pouvoir sur » de la vieille histoire : l’écologie sociale.

Troisième clé : Se tourner vers l’écologie/l’érotique sociale

Nous savons désormais qu’il existe des manières de nourrir tous les humains sans détruire les sols, de faire des échanges marchands sans faire de la finance ou de la spéculation et à l’échelle locale, qu’il est possible d’éduquer nos enfants autrement, de produire de l’énergie de manière à peu près propre et durable, les citoyens savent aussi s’emparer des questions de leur vie locale pour les régler entre eux, bref il existe moult alternatives comme le film documentaire Demain l’a très bien montré. Mais si ces alternatives ne dépassent pas une sphère encore assez réduite de personnes c’est parce qu’il reste un gros problème politico-économique et social à résoudre.

Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui ne vont pas le lâcher comme ça. Ne serait-ce que parce que le « pouvoir sur » est au cœur même des récits fondateurs de la vieille histoire. Changer vers la nouvelle histoire peut se faire de diverses manières, et l’une d’elle pourrait s’inspirer de l’écologie sociale, un courant politique peu connu en France mais pourtant théorisé de manière très complète aux États-Unis.

L’écologie sociale ne dissocie pas l’humain de l’environnement

Issue du courant anarchiste, à l’origine de l’écologie politique, l’écologie sociale a été conceptualisée par Murray Boockchin dans les années 1960 aux États-Unis. Son postulat de départ est que les désastres écologiques prennent leur source dans les injustices sociales qui sont elle-mêmes induites par les diverses formes de domination (âge, ethnie, classe, sexe, etc.). Pour l’écologie sociale, libérer l’être humain est un projet écologique tout comme protéger l’environnement est un projet social.

Murray Bookchin propose un « municipalisme libertaire » c’est-à-dire une démocratie municipale, directe, formée d’assemblées citoyennes où les habitants d’un quartier ou d’une commune décident ensemble de l’organisation de la vie de leur commune. Ces assemblées sont ensuite fédérées pour faciliter la gestion des biens et des outils communs à plusieurs communes. Décentralisation donc et reprise en main populaire de la société, pour se libérer des hiérarchies économiques et sociales et des dominations de toutes sortes.

« Il s’agit de développer un espace où chacun, se sentant entièrement partie prenante, puisse décider avec les autres, trouver sa place et exprimer pleinement son potentiel et ses désirs » expliquent Vincent Gerbert et Floréal Romero dans l’opus des Précurseurs de la décroissance dédié à Murray Bookchin.

Pour une érotique sociale

Des structures non hiérarchiques permettent dans tous les domaines de l’existence, des relations sociales coopératives ayant un sens, ou pour reprendre le concept d’Annie Leclerc des relations où peut s’affirmer la puissance des êtres, contrairement aux relations sociales fondées sur l’exploitation, la régulation, l’aliénation et la marchandisation qui caractérisent le capitalisme, aux relations de pouvoir.

Dans Désir, nature et société, Chaia Heller, une théoricienne actuelle de l’écoféminisme et de l’écologie sociale, pose « le principe de l’existence d’un potentiel d’expression de la sensualité, de la sociabilité et de la créativité dans toute sa délicieuse complexité, d’un potentiel de désir social qui existe en nous à chaque instant » et définit l’érotique sociale comme « un ensemble de désirs sociaux et sensuels valorisant la coopération sociale et une impulsion révolutionnaire progressiste ».

Pour elle, le désir social « représente la volonté de se connaître soi-même mais aussi les autres et le monde » qui se traduit dans 5 dimensions, les « 5 doigts du désir social » : désir de sensualité, désir d’association, désir de différenciation, désir d’évolution et désir d’opposition politique.

  • Le désir de sensualité est le désir d’expression, de satisfaction et d’investissement sensuels à travers l’un quelconque ou l’ensemble de nos sens. La capacité à l’exprimer suppose un contexte social profondément relationnel.
  •  Le désir d’association est un désir de connaître l’autre. Des structures coopératives comme la présidence tournante, la propriété et le travail collectifs, la démocratie directe représentent des exemples de possibilités d’expression de ce désir d’association dans l’érotique sociale.
  •  Le désir de différenciation complète le désir d’association et permet de réaliser son potentiel libérateur : il signifie le désir de distinguer sa propre identité dans un ensemble social, se connaître soi-même et connaître le monde, afin que l’association ne devienne pas un ensemble statique et rigide.

Les désirs de différenciation et d’association permettent d’aller et venir entre autonomie et communauté, individu et collectif.

  • Le désir d’évolution est le désir d’accomplir les possibilités des talents particuliers que nous découvrons lorsque nous exprimons notre désir de différenciation. Le développement complète l’idée de différenciation en lui ajoutant une dimension unitaire indispensable pour que le moi ne soit pas seulement divers mais dynamique, complet, signifiant. Ce désir peut s’appliquer certes à l’individu mais aussi à l’ensemble d’une société lorsqu’elle structure en profondeur des qualités d’empathie, d’interdépendance et de créativité (et non pas une société basée sur un développement hiérarchique, concurrentiel et déterminé, comme les sociétés capitalistes).
  • Le dernier doigt du désir social est le désir d’opposition, celui de combattre l’injustice. C’est la tendance rationnelle à s’opposer à tous les individus, institutions et idéologies qui font obstacle à l’expression complète de toutes les formes du désir social. L’opposition peut se décomposer en 3 stades : la critique rationnelle, la résistance (passage à l’action avec passion et raison) puis la reconstruction. Si le pouvoir peut réprimer l’expression du désir d’opposition il ne peut le supprimer complètement.

Les 5 doigts de l’érotique sociale, l’écologie sociale, c’est ce qui permet d’exprimer notre vouloir-vivre, notre vouloir-jouir, paumes ouvertes, poing fermé, doigt levé, etc. D’incarner tous nos possibles, tous nos vouloirs, de déployer pleinement le potentiel du vivant, d’affirmer et dilater notre puissance face à un pouvoir qui veut la contenir et l’enfermer. L’érotique sociale c’est le moyen d’exprimer le désir rationnel de donner une qualité de vie à tous, en restructurant totalement les institutions politiques, sociales et économiques. Car la vieille histoire aura changé.

Ce qu’il y a d’exaltant et de redoutable dans la vie spirituelle, c’est qu’elle fait découvrir à l’homme son immense liberté. Et plus le pèlerin vit selon l’esprit, plus sa liberté s’accroît. Mais voici : n’être inféodé à personne, c’est être responsable de tout ; être totalement libre, c’est se retrouver absolument seul.

Jacqueline Kelen, Le bréviaire du colimaçon

Le chant, un guide vers vos mystères. Le chant, un lien direct à la Source et à la Terre. Le chant, à la fois offrande et cadeau.

Entendre un chant et en avoir la chair de poule est une expérience assez courante. Le chant n’est pas forcément juste, la voix pas nécessairement bien placée mais il y a quelque chose dans la vibration qui vient toucher directement l’âme et fait se lever les poils des bras. Écouter un tel chant, c’est déjà participer au mystère. Mais le chanter représente une participation bien plus vaste.

Quand je suis une corde vibrante tendue entre Terre et Ciel, plus rien n’existe d’autre que cette ouverture du cœur que la vibration permet. Absorbée dans la sensation, je suis à la fois divine et humaine. Pleinement divine et pleinement humaine. Debout. Droite. Juste. Accordée à l’essentiel et au mystère. Acceptant de ne pas savoir. Étant là tout simplement, témoignant de Sa présence.

Chant de l’âme. Cordes qui vibrent entre le Ciel qui les pincent et la Terre où elles résonnent. Mouvement imperceptible de la Lumière qui se transforme en son dans la matière par ce corps humain, et ce canal passant par la gorge. Musique des sphères retranscrite imparfaitement sur la terre.

Chant céleste, vibration du Verbe, félicité intime de la vibration répondant à l’intention de Celui qui fait vibrer. Chanter à pleine voix, se laisser chanter par plus grand que soi, communier par la voix qui fait sonner et résonner la musique du cœur.
Harmonie du cerveau obtenue par la combinaison des paroles et de la mélodie : présence et représentation se lient dans le chant. Harmoniques des cellules qui répondent au son originel.

Tout le corps-matière intègre les sons lumineux célestes à chacune des cellules, se reliant à la terre par les basses, s’ouvrant au ciel par les notes hautes et c(h)ristallines. Le son, le chant est un moyen de se relier à la Source, de s’ouvrir au mystère.

« S’approcher de l’incréé, de ce qui a précédé la première vibration, échapper à la bulle du vivant, à la membrane de la cellule, à la fragilité du souffle, voilà le chant, votre chant capable de s’incarner et de se désincarner pour nourrir les plus infimes inflexions de votre voix initiée » (Philippe Barraqué, le Tarot de la voix).

Et tout le monde peut le chanter, pour peu qu’on ne soit pas muet (même si la résonance et le son doivent quand même pouvoir se vivre, d’une autre manière dans ce cas). Il suffit de laisser sa voix faire des sons, sans laisser le mental interférer. Se laisser chanter.

En pratique

Faites des sons, cherchez, inventez une mélodie, toute simple, que vous pourrez répéter. Et sur la mélodie, tentez de placer quelques mots. Des mots qui vous parlent, qui vous portent : joie, amour, merci, élan… Si vous faites cet exercice régulièrement, vous pourrez créer à volonté un chant qui traduit ce que votre âme ressent.

Plus simple : on peut chanter en groupe, dans une chorale par exemple ou sous sa douche. Et puis quand on est seul on peut commencer par chanter des airs et des paroles connues et en s’ouvrant peu à peu soit à des variations mélodiques, soit à des changements de paroles. Petit à petit, le chant de votre âme se créera.

Remarque : sur le plan biologique, le chant active, entre autres, le nerf vague, ce qui a un effet positif sur le stress mais aussi sur les intestins et le microbiote.

Danser pour explorer son mystère intérieur et écrire en mouvements sa présence au monde.

Les humains dansent depuis la nuit des temps. Le mouvement est l’expression de la vie elle-même. Mais nos sociétés occidentales relèguent cette activité à quelques moments choisis, le plus souvent codifiés, et rares. Les jeunes dansent pour se défouler, le plus souvent après avoir bu de l’alcool pour se désinhiber. Sans doute cherchent-ils confusément à se reconnecter au flux originel de la vie, à dissoudre leur identité dans le Grand Tout. Les adultes font de même, le plus souvent dans des moments assez codifiés (en soirée, en concert…), plus rarement de manière libre à la maison, et encore plus rarement seul et sans spectateur.

Pourquoi danser ?

En groupe, ou en solitaire, la danse devrait nous accompagner au quotidien ou presque : Danser la vie pour la célébrer. Se mettre en mouvement pour s’accorder au mouvement incessant de la vie et au rythme des étoiles et des atomes, pour participer aux mouvements célestes.

Danser pour libérer l’énergie vitale de ses restrictions. Danser pour se retrouver au diapason de l’univers. Danser la joie d’être en vie, de vivre.

Danser « pour exprimer l’inexprimable ». Danser pour sentir son âme dans son corps. « Dans le rythme du corps, nous pouvons retrouver la trace de notre sacré, des racines qui plongent jusqu’au moment zéro, des états d’être où nos identités se dissolvent dans le flot éternel de l’énergie » (Gabrielle Roth, La danse des 5 rythmes).

Danser pour oublier notre petit moi tyrannique un instant, pour se relier à plus grand que soi, pour se laisser traverser par le flux de la vie et y recharger ses batteries.

Personne n’est trop vieux, pas assez doué, trop triste pour danser, tout le monde a 5 minutes chaque jour et un minimum de place (ne serait-ce qu’un couloir ou un demi-mètre carré aux toilettes) à accorder au mouvement naturel de la vie. A chacun de faire les mouvements adaptés aux limitations de son corps (on peut danser assis sur une chaise ! Les bras, la tête, le buste, les yeux… peuvent danser). Le mouvement est d’abord intérieur, il n’a pas besoin d’être ample ou professionnel pour être agissant.

Comment faire ?

Danser de manière spontanée, sans laisser le mental diriger les mouvements. Ne pas suivre de chorégraphie établie. Il s’agit de laisser le mouvement émerger depuis l’intérieur, s’émerveiller de ses formes, de jouer avec son amplitude, sa forme, ses limites.

On peut danser sur une liste de morceaux de musique préétablie, en variant les styles et les rythmes. Laisser les rythmes décider des mouvements. On peut danser uniquement sur de la musique très rythmée ou très douce, on peut danser debout, par terre ou assis. L’idée est de se vivre en tant que mouvement, de laisser émerger le mouvement qui veut sortir à un moment t.

On peut danser aussi en silence, en se connectant encore plus à son corps et à ce qu’il veut exprimer en cet instant.

Il y a juste à oser, oser se lancer à corps perdu dans le mouvement, et vivre cette félicité de n’être plus régi par le mental mais simplement conduit par son corps reconnecté à la source de vie.

Des ressources à lire :
La danse des 5 rythmes de Gabrielle Roth (Editions Le courrier du livre).
Danser à corps joie de Dominique Hautreux et Carine Anselme (Editions Dangles).

Se libérer de soi-même par la conversion du cœur, c’est réorienter son être horizontal vers la verticale : celle qui nous relie au Ciel, comme à nos profondeurs. C’est devenir la croix.

Se connecter à la Source, tel est le bout du chemin que je propose ici (ou son début, selon). Pour cela, avant tout, il faut se souvenir que l’on est toujours plus grand que cet être souffrant, triste, englué dans ses problèmes ou son quotidien : derrière le petit moi se cache le grand Soi. Sauf que l’on peut rester longtemps à se complaire dans le petit moi et ses vagues de certitudes qui se succèdent, de prises de conscience diverses (mais qui souvent se recoupent), ses hauts et ses bas…

Cependant il arrive parfois un retournement intérieur, ce que certains appellent aussi une métanoïa : on quitte ce petit moi en découvrant un espace intérieur où il n’est plus, où se trouve seulement la part de nous relié à l’étincelle primordiale, à la Source, à Dieu, appelez-la comme vous voulez. Ce Soi supérieur se trouve dans un présent pur, dans l’absence d’histoires que l’on se raconte sur soi, les autres, le passé, le présent, juste dans cet instant où connecté à sa respiration, on est relié au Divin. Dès lors que ce retournement a eu lieu, même si le petit moi, l’ego, est toujours là, il ne peut plus être tyrannique. On vit l’océan profond présent sous les vagues, sans être remué, ou plus autant qu’avant, par les vagues de surface.

Ce retournement, ces retrouvailles avec notre nature originelle divine, c’est comme une sortie du labyrinthe dans lequel l’humain est plongé depuis sa sortie du jardin d’Eden.

« La sortie du labyrinthe, cette issue ou plus exactement ce salut, ne se trouve pas dans le brassage psychologique ni même dans une thérapie réussie, mais bien dans le fait de quitter l’homme psychique, enfermé dans son moi malheureux et plaintif, d’abandonner le vieil homme avec ses vieilles douleurs, englué dans le passé ou prisonnier de ses liens familiaux. Il n’est de fin à la misère que par le seul recours à l’Esprit : seul le moi spirituel est à l’abri de toute souffrance puisqu’il est relié à l’Être divin. » (Jacqueline Kelen, Le bréviaire du colimaçon)

Une fois sortis du labyrinthe, nous ne pouvons plus y retourner. Nous avons changé de niveau de conscience. Nous avons intégré un plan vertical et éternel au plan horizontal et temporel de notre quotidien. Nous sommes cet Homme, à la croisée du Divin et de l’humain. Ce que certains appellent l’homme nouveau, ou l’homme debout… Nous sommes passés de l’homme psychique à l’homme spirituel.

Ce passage, je crois, est facilité par des êtres de feu. Des êtres tellement connectés à la Vie et à leur Soi supérieur que leur simple Présence, perçue en vrai ou via leurs écrits, peut changer la disposition intérieure d’un autre être. Pour moi, deux êtres, par leurs écrits, ont provoqué ce retournement : Richard Moss, avec Le Mandala de l’Être et Maurice Zundel que j’ai découvert via une synthèse de ses écrits et de sa vie.

Lus l’un après l’autre, mâchés et intégrés, ces deux ouvrages m’ont fait passer un cap. Un cap vers plus de sérénité, vers une meilleure et pleine acceptation de qui j’étais. Comme si des outils que j’essayais de mettre en pratique depuis longtemps avaient soudainement été assimilés, devenant une manière d’être au monde et non plus quelque chose que je faisais. Je ne l’ai pas senti tout de suite, il n’y a pas eu de révélation soudaine. J’ai juste réalisé un jour (quelques semaines plus tard ?) que j’étais comme apaisée, libérée de pensées tournantes ou obsédantes, que je pouvais me consacrer à des tâches plus fertiles, plus épanouissantes, et être juste ce que j’étais, sans même avoir besoin de faire.