Quand solitude rime avec plénitude

25 octobre 2020

La solitude nous renvoie à l’essentiel, à la source de l’Être. C’est pourquoi elle peut être crainte comme recherchée. Si on l’accueille, si on choisit de traverser son inconfort du début, elle nous révèle ses germes de plénitude.

Quand je me passée d’une vie de couple avec un enfant de deux ans à une vie de célibataire avec ce même enfant mais à temps partiel, il y a eu comme un vide soudain. Je me retrouvais seule et comme beaucoup, dans un premier temps, j’ai cherché à combler ce temps libre avec des activités. Je cherchais à faire, plutôt qu’à expérimenter cette déstabilisation et cette solitude.

Mais, même en cherchant à faire, j’ai vite été confrontée à ce que je fuyais : moi-même et le mal-être qui était le mien à cette époque. Parce que malgré tout les moments de solitude restaient plus nombreux qu’avant.

J’ai appris à apprivoiser cette solitude, petit à petit. Au point d’en arriver à un point où si j’avais trop de sollicitations extérieures, elle venait à me manquer. De subie, la solitude est devenue choisie. Et c’est un outil incontournable pour se reconnecter à la Source.

Solitude et isolement

Quand elle est choisie, la solitude ouvre un espace où le Mystère, l’invisible peut s’inviter. En ne me fuyant pas, en m’habitant telle que je suis à un instant, je retrouve ce qui m’anime vraiment. Je me « verticalise », j’assume pleinement qui je suis, depuis mes ombres jusqu’à ma lumière. Je retrouve mon étincelle divine et je peux la nourrir.

Choisie, la solitude n’est donc pas un isolement. Les personnes que la solitude effraie redoutent en réalité l’isolement, le sentiment d’être seules, coupées de tous. Mais notre plus grande solitude ne vient pas tant d’être séparés des autres que du fait d’être coupés de nous-mêmes et, par là, de la Source. Et cela ne peut se combler à travers des activités ou des relations.

La solitude permet de découvrir qui on est

Vivre ces tête-à-tête avec soi-même ce n’est pas évident au début. Cela flanque une peur abyssale même. Et surtout cela réveille la part intérieure de soi qui juge. Une personne seule est mal vue par le groupe, tout nous pousse à faire clan. Donc choisir d’être seule ou choisir des moments de solitude c’est aller contre le clan, y être déloyal. C’est d’autant plus difficile à assumer quand on vit en famille ou quand on a des responsabilités importantes envers des proches.

Et pourtant, c’est un sas de ressourcement extraordinaire. Un rendez-vous avec soi et avec ce qui, en soi, est plus grand que soi. Notre Soi supérieur, notre lien à la Source. Une bouffée d’air frais, un Souffle divin.
Chercher à étouffer, nier ou vouloir soigner le sentiment de solitude c’est s’exposer à se sentir encore plus seul au fond. Mais c’est s’exposer aussi à ne pas créer d’espace où grandir et devenir l’être que l’on est réellement.

« Pour devenir soi et quelque peu libre, il faut lâcher le recours permanent à l’autre, au regard de l’autre. Marcher seul. Refuser l’aide autant que l’apitoiement et la flatterie » écrit Jacqueline Kelen dans L’esprit de solitude. « La voie solitaire n’engage pas nécessairement à un combat héroïque, elle invite d’abord à la rencontre avec soi-même, à la découverte de cet être qui n’est pas seulement un produit de la société, de la famille, de l’histoire ou de la génétique » ajoute-t-elle.

En vérité, nous ne sommes jamais seuls

Plutôt que de chercher en l’autre quelque chose qui ne se trouve qu’à l’intérieur, on peut simplement se déposer en nous-même, dans un espace de silence et de solitude. Même si ce n’est que 5 minutes dans sa chambre pendant que le reste de la maisonnée continue à parler et à agir.

Respirer, se déposer au cœur de notre cœur, être tout simplement dans le présent pur, se redécouvrir un avec la Source mais aussi avec le reste du monde. Et abandonner tout ce qui nous dissimule cette vérité essentielle : nous sommes déjà tous interreliés.

Évidemment cela prendra plus que 5 minutes pour en arriver là, mais il existe un effet cumulatif de tous ces moments de solitude choisie, de tous ces moments où on choisit d’être uniquement avec soi-même. Et à terme, ce que l’on expérimente, c’est la plénitude de l’existence.

Cerise sur le gâteau : « Lorsqu’un individu a pris contact avec ce noyau indestructible, a expérimenté cette solitude de l’Esprit, il peut ensuite vivre seul ou en couple, à la ville ou au désert. Il ne sent plus jamais isolé, coupé » dit Jacqueline Kelen.

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